Voilà, ici s'arrêtent ces Chroniques que j'ai rédigées pendant plus d'un an.
J'ai aimé cet endroit, j'ai aimé sa chaleur, son âme, j'ai aimé m'y assoir une heure par jour pour souffler, pour me vider l'esprit, discuter un instant avec Jean, Caro, Juju, Kenny, Taya ou Paco, partager leurs états d'âme ou les miens.
Les souvenirs les plus chers que je garderai bien au chaud sont certainement ceux des vendredis soirs de la fin de l'année dernière : le bar était encore ouvert le soir et Gilles était encore là.
Après plus de douze heures de boulot, je venais me poser sur un tabouret vers vingt deux heures trente et je dinais en regardant Gilles et Kenny essuyer les verres et surtout en écoutant leurs histoires ou en partageant leurs blagues à deux balles.
J'aimais ces moments, je dirais même que je les attendais : ils me faisaient oublier la tension et la fatigue de ma journée et il m'est arrivé plus d'une fois, de les accompagner jusqu'à la fermeture.
Mais le temps passe.... depuis quelques temps déjà le charme était en train de se rompre et le départ de Caro laisse un petit goût amer en plus....
Il m'a fait redescendre sur terre et comprendre que la "famille" du Buron n'est qu'une entreprise comme les autres, avec ses petites mesquineries et ses coups bas.
Tout le monde n'est pas beau, tout le monde n'est pas gentil.... mais j'aurais aimé y croire encore un peu.
Je continuerai certainement à passer, à m'assoir le temps d'un déjeuner ou d'un verre, mais aujourd'hui pour moi, le Buron a un peu perdu son âme.